

Contre-indications à la manipulation vertébrale
Femme d’environ 60 ans. Se plaint de douleurs intenses d’intensité variable au niveau de la colonne cervicale, thoracique et lombaire, de maux de tête, d’engourdissements fréquents des mains. Les douleurs dorsales sont également présentes la nuit. Elles sont provoquées par certaines postures et même par de petits mouvements sans charge.
La patiente est venue en disant : "Cassez-moi, cassez-moi !", faisant référence aux manipulations ostéo-articulaires. Elle n’a pas été examinée et n’a eu aucune consultation avec des spécialistes associés. Elle est venue pour une manipulation vertébrale, mais présente des contre-indications évidentes.
Examen objectif : La patiente est labile, les contacts sont difficiles, elle parle constamment de douleurs, de problèmes familiaux, du fait qu’elle est toujours assise, qu’elle fume et qu’elle pleure. Les mouvements dans toutes les parties de la colonne vertébrale sont limités et douloureux. La palpation des processus épineux des vertèbres est également douloureuse dans toutes les régions, avec une sensibilité de 8-9 sur 10 à une légère pression.
Diagnostic et traitement : En raison de signes évidents de troubles psychologiques graves et de possibles troubles inflammatoires, des consultations avec les spécialistes appropriés ont été recommandées : psychologue, neurologue, orthopédiste et rhumatologue. Aucun traitement n’a été administré.
La patiente n’aurait pas réussi ce test rapide de base.
Résultats : Les résultats des recommandations sont inconnus, mais on peut supposer qu’en raison de son faible niveau d’éducation, de son instabilité psychologique et de sa pauvreté concomitante, aucune consultation ni examen n’a été réalisé.
Contre-indications absolues et relatives à la manipulation vertébrale. Conclusions.
Ce cas se distingue des cas réussis et parfois très sophistiqués décrits ici, mais il n’en est pas moins important. Il est particulièrement pertinent pour illustrer un type assez courant de patients pour lesquels les techniques chiropratiques sont soit contre-indiquées, soit, comme les diverses techniques douces et indirectes, non indiquées, du moins pour le moment.
Il existe également un sous-type de ces patients qui eux-mêmes demandent à être "craqués" ou "remis en place", etc. Ici, il faut se rappeler que le médecin ne doit pas suivre les conseils du patient, mais prendre des décisions éclairées en tenant compte de toutes les informations issues de l’anamnèse, de l’examen objectif et des signes cliniques. Avec une attention particulière aux fameux drapeaux rouges et jaunes – les contre-indications absolues et relatives à la manipulation vertébrale. Les premières sont des signes de maladies graves possibles, les secondes sont des indicateurs d’un mauvais pronostic thérapeutique (notamment en raison de nombreux facteurs psychosociaux négatifs).
P.S. Malgré certaines tendances modernes dans certains pays, nous devons nous rappeler que l’objectif du médecin est de soigner le patient, et non de fournir un service à un client, qui, comme on le sait, a toujours raison :)

Grigori Tafi
Ostéopathe, médecin en médecine du sport
15 ans d’expérience en ostéopathie et thérapie manuelle. En savoir plus...
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